dimanche 24 mars 2019

Un ancêtre bien caché : le château d'eau de GENDRON-CELLES.




Photo aérienne du château d'eau de Gendron-Celles.
©  Storder Tristan - Photography.



Pierre Storder est membre , tout comme moi , du RMM .
Il  se prépare très activement à la construction d'une réplique à l'échelle "N"
de la gare de Gendron-Celles et de ses installations .
Il a choisi de situer cette maquette dans les années où Gendron-Celles était considéré
comme un des lieux mythiques de la ligne Athus-Meuse.
A l'époque de la vapeur , en effet , c'est  ici que s'effectuaient les échanges de
locomotives  ainsi que leur ravitaillement en eau.


Pierre m'a donc proposé de me joindre à lui ainsi qu'à son fils Tristan pour aller
à la rencontre de l'ancien château d'eau destiné à alimenter les grues hydrauliques
de la station.





Détail du plan SNCB de la gare de Gendron-Celles .
Y figurent l'ancien château d'eau et  la station de pompage qui alimentait celui-ci.




Laissé à l'abandon depuis la fin de la vapeur, il est situé sur le flanc abrupt du
coteau dominant la vallée de la Lesse.
Entièrement caché par la végétation en été , il ne se laisse apercevoir qu'après
la chute des feuilles.
Au niveau du sol , on ne voit que quatre gros conduits parallèles montant à l'assaut
de la colline , et , tout à côté , l'échelle d'accès.





Echelle d'accès au château d'eau. © Photo Jacques Quoitin.




Cette dernière , longue d'une quinzaine de mètres , est fermement ancrée sur
le sommet d'un muret de briques construit à même le rocher.
Le métal dont elle est faite a bien résisté aux outrages du temps.
S'agirait-il de ce fameux fer puddlé , encore fort utilisé à l'époque de la mise
en service de de la gare (1896) ?
Ce matériau , plus souple que l'acier , et résistant à la corrosion de par sa faible
teneur en carbone avait notamment été sélectionné par Gustave Eiffel pour ériger
sa célèbre Tour (1889).
L'avenir démontra que ce choix était le bon....


Rassemblant notre courage , nous nous lançons dans une prudente ascension ,
échelon après échelon , tout en saisissant fermement des mains les montants
de l'échelle ; on ne sait jamais.....

Arrivés au sommet , nous posons le pied sur une sorte de plateforme : voici
enfin notre château d'eau , logé dans une niche creusée à même le rocher...




Le château d'eau de Gendron-Celles. © Photo Jacques Quoitin.




Tout autour , des traces de "squat" : cendres de feux éparpillées , collection de gamelles
de tailles diverses , etc...

Mais revenons bien vite à notre bel édifice , constitué de deux parties :

-Le socle : une colonne tronquée de forme légèrement conique, exécutée en maçonnerie
de briques. Une porte donne accès à un local technique encombré de tuyauteries et de
vannes.
Une chose nous frappe immédiatement : la maçonnerie est dans un état parfait ; on
dirait même qu'elle a été récemment ravalée !!!

-Le réservoir métallique est une cuve Intze , du nom d'Otto Intze , professeur à la
Technische Hochschule d'Aix-La-Chapelle .
Au cours des années 1880 , ce monsieur s'est livré à de nombreuses recherches
qui lui ont permis de déterminer les formes à appliquer à des réservoirs de grande
capacité.

Les tôles  qui forment la cuve ont été corrodées à un tel point qu'on peut voir au
travers : de la véritable dentelle...





De la dentelle.... © Photo Jacques Quoitin.




En montant plus haut sur le coteau , nous avions espéré pouvoir jeter un coup d'œil
dans l'intérieur de la cuve .





La château d'eau de Gendron. © Photo Jacques Quoitin.




Hélas , des arbres ont chuté depuis les  hauteurs  et  dissimulent le réservoir sous
leurs  branches .

`



Ce qu'on peut voir de l'intérieur de la cuve. © Photo Jacques Quoitin.




On peut seulement identifier l'extrémité supérieure du tuyau d'évacuation de
trop-plein....

Sur la plateforme , devant la porte d'entrée , une bien peu engageante échelle donne
accès au bord supérieur du réservoir afin d'assurer l'examen et la maintenance de
celui-ci.
Vu son état, nous ne prendrons ici aucun risque....





L'échelle d'accès au réservoir .
Sa base , rongée par la rouille , est presque complètement sectionnée.
©  Storder Tristan -Photography.


A droite de celle-ci ,  on peut encore voir la règle métallique (jadis) graduée le
long de laquelle se déplaçait autrefois l'indicateur  de remplissage du réservoir .





Echelle d'accès au réservoir et indicateur de niveau d'eau.
© Photo Jacques Quoitin.


Revenons maintenant aux quatre conduites évoquées plus haut.
Leur rôle supposé (je ne prends pas de bien grands risques....) : faire monter
l'eau depuis la station de pompage établie en bord de Lesse et la faire redescendre
ensuite du réservoir aux grues à eau.

Au niveau de la plateforme , elles s'incurvent pour se diriger en sous-sol vers
la base du château d'eau.
Leur trajet à flanc de coteau s'effectue entre deux murs de briques , le premier
servant de base à l'échelle d'accès .
Tous deux sont garnis d'armatures métalliques sur lesquelles viennent s'articuler ,
à la manière de doubles portes , des tôles servant vraisemblablement de protections
contre le gel.




Gendron-Celles. Les conduites du château d'eau. © Photo Jacques Quoitin.



On termine la moisson de photo cependant que Pierre prend les mesures du château
d'eau avec l'objectif d'en réaliser la maquette.










D'après les souvenirs des anciens du RMM , Gendron-Celles était équipée d'un
pont tournant sis sur une sorte de terre-plain dominant la Lesse , près de l'entrée
du tunnel de Furfooz.





Détail du plan SNCB de la gare de Gendron-Celles.
La flèche indique l'endroit où se trouvait le pont tournant.
En regardant bien , on peut voir sur ce document que les représentations de la plaque tournante
et de sa voie d'accès ont été effacés.




Et s'il était encore possible d'en retrouver des traces ?

Tandis que Tristan fait décoller son drone pour prendre des vue aériennes de
ce qui reste des installations de la gare , nous explorons en vain le bosquet
qui , avec le temps , a  complètement envahi l'ancien site de la plaque tournante.

La nature a repris ses droits ; plus aucune trace de la fosse ou de tout autre
élément.

De plus , j'ai involontairement dérangé une malheureuse perdrix.....



jeudi 21 février 2019

Le grand moulin d' Houdrigny.











On ne peut pas dire qu'il soit particulièrement beau...
On ne peut pas non plus dire que son aspect corresponde à l'idée qu'on se fait d'un
moulin en Gaume....

Et pourtant , dès que je l'ai aperçu depuis la route , malgré l'état d'abandon dans lequel
il se trouvait déjà , j'ai eu l'envie d'en tirer un modèle réduit.
Trente-cinq ans ont passé depuis ce jour .... comme quoi  il n'est jamais trop tard ....

C'est une construction de type "industriel" : ossature de béton armé avec remplissage
de briques (appareillage "paneresse-boutisse" , quand même...), huisseries métalliques
et petits carreaux.
Quelques détails viennent cependant "agrémenter" cet austère parallélipipède : une section
de poutrelle destinée à accueillir un palan , une vis à grains , un vaste auvent soutenu par
des tirants ancrés dans la façade , et puis , ce curieux décrochement au niveau du couronnement
de l'édifice.....
Et enfin , la terrasse , cernée d'un muret de briques complété d'une rambarde métallique.






Le moulin d'Houdrigny. © Photos Jacques Quoitin.




En premier lieu : un plan...


Parler de plan me semble un peu exagéré....
Il s'agit plutôt ici d'un simple schéma jeté  sur papier millimétré , après transposition
à l'échelle des mesures prises sur le terrain.





Façade "nord" du grand moulin d'Houdrigny.




Prendre les mesures d'un édifice de taille imposante n'est pas des plus facile.
L'accessibilité des installations industrielles est souvent compliquée et , lorsqu'il
s'agit d'un bâtiment laissé à l'abandon , la végétation qui a repris ses droits peut
constituer une véritable gêne.

Je n'avais noté aucune des dimensions de ce bâtiment , seulement pris quelques photos.


Ces dernières étant suffisamment  précises , il m'a été possible , en partant de la taille
d'une brique standard , en effectuant ensuite le comptage des briques d'une rangée et
en additionnant enfin les lits de briques , d'estimer avec une marge d'erreur qui ne devait
pas être catastrophique les mensurations de mon moulin.






© Photos Jacques Quoitin.





Avoir l'opportunité de photographier un bâtiment de loin permet de mieux en apprécier les proportions .
L'image de droite , ci-dessus , en témoigne.
Les lignes de fuite sont beaucoup moins marquées et il devient plus aisé d'imaginer les
hauteurs respectives des différents niveaux du moulin ainsi que la surface occupée sur les
façades par les différentes ouvertures.
Inconvénient de la méthode : l'utilisation d'une longue focale entraîne sur l'image un
tassement des plans .
Les panneaux de briques présents sur les parois latérales, par exemple , apparaîtront
ainsi  moins larges qu'ils ne le sont en réalité.
Il s'agit bien sûr de tenir compte de ce fait.










C' est pourtant sur les "petites façades" que j'ai le plus longtemps "planché"...
Sur papier , leur largeur est passée de 33 mm à 44 mm pour revenir enfin à 40 mm , 
ce qui correspond à 6 mètres quarante "en grand".










En clôture de ce chapitre , je me dois d'évoquer une découverte , hélas un peu
tardive....

Le site  Google Maps, outre qu'il  donne accès à un ensemble bien pratique de
cartes et d'images satellites offre aussi la possibilité de définir avec une courte
marge d'erreur les dimensions en deux plans d'un édifice ( longueur et  largeur).

J'ai ainsi pu calculer que le moulin d' Houdrigny , encore debout aujourd'hui ,
mesurerait  22,66 mètres de long sur 6,19 mètres de large .
Le mien fait 23,00 x 6,40 mètres....., juste un peu trop grand....




Travaux préparatoires.

Il s'agit ici de transférer mon dessin sur les feuilles de plasticard qui vont servir de base
à chacune des façades du moulin.
L' épaisseur de ces feuilles : 0, 5 mm.
A la pointe à tracer , je vais graver dans la matière plastique l'emplacement de l'ossature
de béton armé .








Il s'agit de faire montre de précision :

     -Bien lire et bien relire les mesures.
     -S'assurer du parallélisme parfait des quatre côtés de la feuille de plasticard ( ou vérifier
      soigneusement que les quatre angles font bien nonante degrés ).
     -En s'aidant d'une équerre , bien vérifier si les lignes qui doivent être perpendiculaires
      aux côtés de la feuille de plasticard le sont vraiment .
     -Bien maintenir en place le réglet durant les tracés. A l'échelle N , dévier d'un millimètre ,
      c'est dévier de seize centimètres "en grand".









La construction .



On commence par coller sur la feuille de base des languettes de matière plastique
destinées à  évoquer le système "poteau-poutre" de béton constituant le squelette de
l'édifice.
Je pourrais utiliser à cet effet les excellents profilés de la marque "Evergreen" , mais,
n'en disposant pas dans mon stock , je me suis résolu à découper des languettes de
largeur voulue ( 2, 5 mm , 3, 0 mm et 4, 0 mm ) dans une feuille de plasticard de 0, 5 mm
d'épaisseur..

C'est une réglet métallique qui va guider le marquage à la pointe à tracer ainsi que
la découpe au couteau X-acto.











Attention :  il faut absolument résister à l'envie de pratiquer la découpe  d'une  seule
passe de cutter !
C'est tout à fait possible avec une lame bien affûtée , mais les contraintes que ce geste
va imposer à la matière plastique seront telles que des déformations vont apparaître : la
languette va inévitablement prendre une courbure en forme de banane.

Effectuer donc plusieurs passes légères en insistant à chaque fois un peu plus sur le
milieu de la longueur de façon à ce que la languette se sépare de la feuille en cet endroit,
d'abord , et au niveau de ses extrémités en fin d'opération.





On peut voir ici que la languette se sépare de la feuille en son milieu tandis
qu'elle tient encore par ses extrémités .














En procédant de cette manière , on obtiendra des languettes presque parfaitement
rectilignes.

Avant leur mise en place sur la feuille de base , les languettes sont retournées .
Par "retournées" , j'entends que la face de la languette qui se trouvait au-dessus lors
de l'opération de découpe se retrouvera en-dessous au moment de l'assemblage.
En effet , le passage répété de la lame de cutter dans la feuille de plastique a tendance
à soulever et à repousser la matière des deux côtés de la ligne de coupe , engendrant
ainsi une légère déformation et une diminution de largeur qu'on ne retrouve pas sur la
face inférieure.









Une fois l'ossature terminée, on va tenter de lui donner un état de surface qui évoque
les empreintes laissées sur le béton par les planches de coffrage ainsi que les différentes
strates générées par les coulages successifs..
Les poteaux et les poutres vont donc être marqués dans le sens longitudinal.

J'utilise successivement trois outils : une pointe à tracer , une lame de cutter et un
petit outil de la marque Trumpeter.
Un ou deux centimètres avec un outil , un ou deux centimètres avec un autre outil , et
ainsi de suite .
Et pour terminer , toujours dans le sens longitudinal , un p'tit coup de papier de verre









L'ossature est maintenant terminée. Elle délimite ainsi des sortes d'alcôves qu'il va
maintenant falloir remplir de briques.

La firme Slater's met en vente depuis des dizaines d'années des briques à l'échelle N.
Elles se présentent sous la forme de feuilles de 300 x 174 mm et de  0, 5 mm d'épaisseur.
La référence : 0402 ( English Bond Brick Red).

Pour que le remplissage soit parfait , on aura recours à un véritable travail de
marqueterie.
Je m'explique : malgré le soin apporté lors des prises de mesures et lors des
opérations de découpe , les "alcôves" d'une même rangée ne présentent pas une
dimension rigoureusement identique .
Il est ici question de fractions de dixième de millimètre , mais ça se voit...


Je commence par découper des bandes de feuille de briques d'une hauteur légèrement
supérieure ( de 1 à 2 mm) à celle d'une rangée d' alcôves.
Ces bandes sont ensuite découpées en petites plaques , elles aussi,  légèrement  plus
larges ( de 1 à 2 mm) que les alcôves auxquelles elles sont destinées.
On ajuste la taille de ces plaques par enlèvement successif (règle métallique et cutter)
de fines languettes de matière jusqu'au moment où la plaque peut rentrer à force
dans sa "niche".










Les façades de notre moulin ont ainsi reçu leur garnissage de briques.
Il est temps de penser à y ménager  les ouvertures des portes et des fenêtres.

Le pourtour de chacune des baies est gravé à la pointe à tracer en reportant
sur les murs les dimensions établies sur les croquis préparatoires.
L'évidement de chaque ouverture se fait à l'aide de lames  X-acto   n°= 17 et 18
qui  fonctionnent à la façon de petits ciseaux à bois.
On termine à la lime ( plate pour les bords et  carrée pour les coins).

On n'oublie pas de prévoir ,  à la partie supérieure des baies , les emplacements
dans lesquel les linteaux seront insérés.
En plus des lames X-acto , j'utilise ici un micro-ciseau de 1 x 1 mm de la firme
Trumpeter (modèle F1).











Avant de poursuivre , je vais équiper les faces internes des murs du moulin d'un certain
nombre de lamelles de plastique (épaisseur : 1,0 mm).
Elles sont destinées à servir de guide et d'appuis aux futurs planchers et cloisons intérieures
de l'édifice , dont la fonction sera triple : en premier , améliorer la rigidité du bâtiment ;
en second , éviter de donner à l'observateur l'impression de regarder dans une "coquille
vide"; en trois , avoir ainsi la possibilité de n'installer l'éclairage que dans un nombre
limité de pièces.....

Des bandelettes identiques sont collées le long des bords verticaux des façades .
L'épaisseur plus forte de ces derniers sera ainsi un gage de meilleure rigidité
tandis que l'assemblage des différentes façades entre elles sera rendu plus aisé
grâce à l' augmentation de leur surface de contact .


Je n'ai pas vraiment l'intention d'équiper mon moulin d'un éclairage intérieur ;
je vais cependant aménager le dernier étage de façon à pouvoir en installer un
sans trop de difficultés si je changeais d'avis.




1. les bandes de plastique collées le long des bords sont destinées à épaissir ces derniers comme expliqué plus haut.
2. Les bandes collées verticalement en milieu de façade vont servir de guide aux plaques de plasticard jouant le rôle
de renfort entre les deux grands murs.
3. Les bandes horizontales serviront d'appui aux planchers.










Les deux bords verticaux de chaque façade sont préparés pour l'assemblage.

Avec une lime à gros grain , je leur donne un angle de 45°.
La surface est ensuite peaufinée à la lime fine.

On peut aussi s'aider d'une petite ponceuse à patin triangulaire , genre Proxxon ;
attention cependant à ne pas aller "un ponçage trop loin" !!!












Mise en place des croisillons.




Les linteaux , découpés aux bonnes dimensions , sont sertis dans leur niche.
On n'oubliera pas les appuis de fenêtre , simples bandelettes de plastique collées sur
le mur sous les baies.

Et maintenant , la corvée : les portes et fenêtres ..... et il y en a vingt cinq !!!
De petites feuilles de plastique transparent sont collées sur la face interne des murs.
Elles vont constituer la base de nos fenêtres.

J'avais , dans un premier temps, imaginé d'évoquer les croisillons par une simple
gravure à la pointe à tracer.
A la suite d'un essai décevant , j'ai opté pour une construction intégrale à partir
de micro-languettes  découpées à façon dans du plasticard de 0,1 mm .

Avant de poser les croisillons , je réalise l'encadrement de la fenêtre (montants et
traverses hautes et basses).


De fines lignes , gravées très légèrement à la pointe à tracer sur la face intérieure de
la "vitre" vont me servir de guide pour le placement des croisillons bien à leur place.

En premier lieu ,  les croisillons horizontaux, installés sur toute la largeur de la baie.
Je procède de la façon suivante : sur une feuille de papier , je dépose , à l'aide de
l'aiguille distributrice du flacon "Faller Expert" , un trait de colle dans lequel je
trempe , sur la longueur nécessaire , l'extrémité de ma languette de plastique.
Je passe ensuite cette dernière sur le papier de façon à la débarrasser d'un éventuel
excès de colle.
Elle est maintenant prête à être mise en place.


Les croisillons verticaux sont enfin posés, petit segment par petit segment....

C'est un travail de bénédictin que j'ai mené à bon terme sans m'énerver : une
heure par ici , une heure par là.....

.


Les quatre façades....





Les faces internes .



Avant d'assembler les murs , j'en ai  peint les faces internes de façon sommaire.
J'ai opté pour  une quelconque couleur sombre prélevée dans mon stock.
J'ai bien veillé à  épargner les fenêtres ainsi que les endroits où viendront se faire
coller les murs de renfort et les planchers.

Le dernier étage , susceptible d'être (plus tard...) équipé d'un éclairage , a reçu
une peinture plus claire , une sorte de gris sensé convenir à un local industriel.



































Les quatre faces du moulin ont été assemblées par collage.
Deux feuilles de plasticard d'un mm d'épaisseur , découpées aux bonnes dimensions
ont été ensuite descendues et collées entre les languettes verticales de guidage ,
pour rigidifier l'édifice et le cloisonner .
Et les planchers ont enfin été mis en place.

En ce qui concerne le"gros œuvre" , il reste maintenant à confectionner le couronnement
du moulin qui déborde en partie du bord supérieur des façades.

La plate-forme : une simple feuille de plastique.
A la pointe à tracer , j'ai divisé sa surface en une vingtaine de dalles pour suggérer
le fait que les coulées de béton se sont déroulées par étapes successives.


A l'extrémité postérieure de la plate-forme , une sorte de petite cabane , fermée par
une porte, abrite l'arrivée de la cage d'escalier.
Ce petit bâtiment , sur les photos , semble fait en maçonnerie de briques.
Un bardage de plaque de zinc le recouvre ; il sera figuré, sur la maquette , par
de fines bandelettes de plasticard échancrées et se recouvrant avec décalage
à la manière d'ardoises.











La couronne du moulin est conçue de manière à s'adapter sur l'édifice comme un
couvercle sur une boîte. ( Eclairage éventuel oblige...).












La façade a reçu une première couche de peinture.



Avant d'aller plus loin , quelques travaux de peinture.

En premier lieu , tout l'appareillage de briques est recouvert, au pinceau large , d'une
peinture suffisamment diluée : elle doit présenter la consistance du lait .
Il est impératif , en effet , que la couleur pénètre bien jusqu'au fond des joints de
briques.
J'ai porté mon choix sur un mix de teintes Humbrol évoquant la couleur du ciment.









Ensuite vient le tour des briques.
On prélève un peu du mélange choisi à l'aide d'un pinceau plat ; on essuie ensuite
ce dernier sur une feuille de papier  de façon à transporter le moins de peinture
possible.
La couleur est déposée sur les briques en tenant le pinceau parallèlement à la
façade et en effectuant un mouvement de gauche à droite (le contraire , si on
est gaucher...).
Cette technique de peinture par "affleurement" permet de bien mettre les briques
en évidence.











L'accastillage....




Maintenant que la "coque du vaisseau" est terminée , il va falloir penser à l'équiper des
accessoires qui vont achever de lui donner tout son caractère :

        -les rambardes.
        -la buse coudée , vraisemblablement destinée à participer au séchage des grains.
        -l'auvent.
        -la vis à grain et son câble de suspension.
        -l'arrivée de courant avec son châssis-support d'isolateurs.
        -la poutrelle du palan.


Le bastingage , pardon...les garde-corps.


Vu leur vulnérabilité , j'ai  décidé d'emblée de les construire en métal.
Je possédais, au fond de mes réserves , des rambardes en maillechort photo-découpé
prêtes à l'emploi.
Leur pas (= distance entre les montants) n' était cependant pas le bon .....
Il m' a donc fallu les construire intégralement à partir de fil en maillechort de 0,3 mm
de diamètre.








Les montants sont collés au cyano-acrylate dans des trous percés à l'aide d'un foret
de  Ø  0,4 mm .

Une simple languette de plastique sert de gabarit de coupe : les montants auront ainsi
une longueur identique.

Pour des raisons de facilité , je n'ai pas attendu l'étape suivante pour garnir la terrasse de
bandes de papier de masquage Tamiya ; il est beaucoup plus aisé de le faire avant la mise
en place des mains courantes et lisses.











Vient ensuite le travail de soudage.
Ici aussi , un petit gabarit permet de placer la main courante et la lisse  au bon
niveau.
Le maillechort se soude avec une grande facilité , surtout quand on a porté son
choix sur un flux aussi efficace que la "Purine"..











Il suffit maintenant de compléter le masquage : rubans Tesa et papier journal, de façon
à protéger la totalité du bâtiment des projections de peinture.

Dégraisser la rambarde avec un pinceau trempé dans de l'acétone en maintenant le
moulin tête en bas pour ne pas occasionner trop de dégâts aux peintures existantes .
(L'acétone est un satané destructeur de peinture...).

Laisser sécher avant de passer une fine couche d'apprêt en bombe gris Tamiya.

La couleur définitive des garde-corps a été appliquée au pinceau.






Les rambardes ont reçu leur peinture définitive . La poutrelle du palan a été installée ,
ainsi que la buse de prise d'air.





La buse de prise d'air pour le séchage.



Je n'en suis pas sûr , mais j'imagine que cette curieuse excroissance , communicant
avec le dernier étage du moulin doit avoir quelque rapport avec le  séchage  du stock
de grains.




Après ébavurage , les segments de tubes sont assemblés par soudage pour former une tuyauterie coudée.




Après un essai infructueux avec du plastique , je me suis  tourné vers le laiton .
Pour obtenir un coude , il me fallait assembler des segments de tube présentant
vaguement la forme d'une section de tranche de melon.
Le dispositif de coupe à onglet de la tronçonneuse Proxxon s'est montré ici très
utile.




L'auvent.



Comme on peut le voir sur les photos , l'auvent du moulin d'Houdrigny est de
dimensions imposantes.
Il est composé d'un châssis fait à partir d'un assemblage de poutrelles .
La couverture : de la tôle ondulée.
L'ensemble doit peser plusieurs tonnes ; quatre longues barres d'acier ancrées
dans la façade le soutiennent et lui donnent l'inclinaison nécessaire pour un
écoulement rapide des eaux de pluies.










Tant que le fer à souder est chaud....
Pourquoi ne pas opter ici aussi pour le métal ?


La base de travail : une fine feuille de laiton de 0,1 mm d'épaisseur découpée aux 
dimensions souhaitées : 42 X 41 mm.
Sur le bord de chacune des extrémités de la longueur , je soude un profilé en "U" de
1,0 X 1,0 mm en veillant à ce que le creux du "U" soit orienté vers l'extérieur.
Ensuite , 4 segments de cornière de 1,0 X 1,0 mm sont insérés entre ces deux profilés
tout en étant soudés eux aussi sur la feuille de laiton.









Des trous de Ø 0,4 mm sont ménagés dans l'épaisseur des cornières.
Ils accueilleront les extrémités des tirants.



Sur chaque cornière , je soude ensuite , bien perpendiculairement , deux petits
segments tirés d'une bande de maillechort ou laiton de 1,0 mm sur 0,2 mm.
Je leur donnerai ensuite à tous une  longueur identique en les sectionnant à l'aide
d'une pince appuyée sur un gabarit.

Ils vont servir d'appui aux tirants destinés à empêcher l'affaissement de l'auvent sous
son propre poids (et celui de la neige , bien sûr...).
Ces tirants sont  constitués de fil de maillechort de  Ø 0,3 mm .






On peut ici voir deux tirants en maillechort mis en forme.
Leur extrémité sera logée dans des trous forés au travers des cornières et de la feuille de laiton.
Après soudage , l'excédent sera coupé à la pince.








Fin des travaux de soudure....




A droite sur l'image ,  quatre "barres" permettront d'ancrer l'auvent dans la façade
du moulin.
Il s'agit en réalité de deux segments de fil de maillechort pliés en forme de "U" et
soudés à l'intérieur du creux de la poutrelle .











Une couche d'apprêt sur le tout (après dégraissage soigneux...)..











Couverture de l'auvent au moyen de tôle ondulée en vrai métal.
Le collage se fait avec une colle à deux composants et à séchage rapide (90 sec.).
Bien veiller à faire se chevaucher les rangées de tôles dans le bon sens....




Le raccordement électrique et la vis à grain.








Le raccordement électrique du moulin.
Et un peu plus haut , un segment de corde de guitare ( un La ou un Mi , je ne sais plus...)
fixé par collage dans un orifice percé dans le plancher du dernier niveau.
Le tube de la vis à grain sera plus tard enfilé et collé dessus.




Le raccordement électrique du moulin est des plus simples : un tube portant quatre
isolateurs est maintenu à chacune de ses extrémités par une ferrure en forme de "V"
dont les deux branches sont arrimées au mur.

J'en ai fait une transposition à l'échelle "N" à partir d'une construction intégrale.
Tout est en laiton et maillechort.
Les isolateurs sont tirés d'une gaine de très fin câble électrique tronçonnée  en
segments de 1,0 mm de long . Ces derniers ont été simplement enfilés sur leur
support.


La vis à grains est un dispositif permettant d'amener les céréales à leur lieu de
stockage aménagé dans l'étage supérieur du moulin.
Elle est constituée d'un tube en métal à l'intérieur duquel tourne une vis sans fin.
En raison de sa grande longueur , il a fallu la soutenir par des haubans suspendus
à un  câble d'acier  dont l'extrémité proximale est fixée au mur du moulin.
Quant à l'autre extrémité , eh bien , je ne sais pas à quoi elle pouvait bien être
reliée....à un poteau quelconque , j'imagine.....
Je n'y avais pas porté attention au moment de la prise des photos....










Pour le modèle réduit de notre vis à grain : du tube laiton de Ø 1,5 mm.
L' ouverture visible du tube a été fraisée de façon à offrir au regard une paroi
amincie.

Les haubans : du très fin fil électrique mono-brin , plus facile à torsader que
le maillechort et tout aussi facile à souder.

Le câble de suspension : du maillechort Ø 0,3 mm.

Pour donner un peu de souplesse à l'ensemble , j'ai fiché un bout de corde de guitare
dans l'épaisseur du plancher du dernier étage , à l'intérieur du moulin ; et c'est sur
ce ressort improvisé que j'ai ensuite enfilé et collé le tube de la vis à grain.





La poutre du palan.










Une simple poutrelle en profilé I-beam d'Evergreen posée sur deux supports .

La portion de poutre dépassant au-dessus de la façade a vu son âme percée (comme
en vrai....) de quelques trous de Ø 0,4 mm.























Voilà !

Je vais maintenant laisser passer un peu de temps avant de passer à la patine et
surtout à la mise en place du Grand Moulin d'Houdrigny ( il y a bien les "Grands
moulins de Paris , ou de Pantin , ou de ....) sur mon réseau.....

Les photos suivront.....