Musson et MMMH /160




Usine de Musson. Arrivée d'un train de coke.
© Photo Jacques Leplat/ Bahn und Modell.




J'ai assez rêvé ....
Après cette ébauche d'évocation du monde  ferroviaire gaumais à l'échelle 1/1 , il  est  temps
de passer à l'étape suivante :  sa réduction au cent-soixantième.

Premier élément auquel je m' attaquerai :  l'Usine de Musson. Elle s' étendra (ou plutôt se
tiendra , car l'espace m'est compté..) sur une sorte de presqu'île occupant le milieu de la
pièce.

Cette page va comporter deux grandes parties. La première évoquera une première "mouture"
de la   maquette ; elle sera illustrée au moyen d' images prises par Jacques Leplat lors du
reportage qu'il réalisa en 1987.
La seconde détaillera les remaniements opérés depuis. Remaniements qui sont toujours en
cours actuellement.....




L'Usine.



Et c'est ainsi que, muni de ma maigre moisson de photos et de vagues souvenirs, je vais ,
dans un premier temps , faire l'inventaire des différents bâtiments et appareillages nécessaires
à la bonne marche de  l'usine, imaginer leur encombrement et tracer le plan du réseau ferré
sensé les relier entre eux.





 Plan de l'Usine de Musson.
© Dessin de Jacques Leplat pour Loco-Revue.



                      1. Réfrigérant.
                      2. Centrale d'épuration des gaz de haut-fourneau.
                      3. Cheminées.
                      4. Appareils Cowpers (ou récupérateurs).
                      5. Salle des soufflantes.
                      6. Ateliers.
                      7. Fonderie.
                      8. Hauts Fourneaux.
                      9. Halle de coulée.
                     10.Bâtiment administratif et infirmerie.
                     11.Cases à mines.
                     12.Concasseur.



                 
La construction des bâtiments fera appel principalement à la technique du Kitbashing .
Dans mon esprit , à cette époque ,  rien de plus simple : cela consiste à chercher dans les
catalogues Kibri, Vollmer ou autres les boîtes de construction qui se rapprochent le plus
de ce que je souhaite évoquer et de les modifier de façon à "coller" à ce que je crois être
la réalité.





Usine de Musson.
Halle de coulée et hauts-fourneaux.
© Photo Jacques Leplat/ Loco-Revue.




Les H.F.

Commençons par la grosse pièce : les deux hauts-fourneaux.
Montés sur une chute de contreplaqué d'un cm d'épaisseur , dont les bords ont été
recouverts  d'un enduit évoquant le béton , ils sont logés au cœur d'une armature faite
de pylônes pour caténaires  Märklin...
Leur cuve a pour base un pot de yaourt recouvert de bandelettes de plasticard  destinées
à évoquer les cerclages qui la renforcent.
La "circulaire" d'où partent les tuyères  injectant le "vent chaud" à la base de l'appareil :
un anneau de rideau en bois ....tandis qu'on retrouve un segment de pot de yaourt pour
figurer la zone du creuset.
Les grosses conduites pour gaz de H.F. sont des tubes de plastique de récupération ;
les appareils dépoussiéreurs de gaz  sont  dérivés de silos pour ciment Kibri.
L'ancienne cabine de commande de la plaque tournante Fleischmann dont je n'avais plus
l'usage après belgicisation de cette dernière est recyclée sur une plateforme ....
Et tout le reste est constitué de pièces découpées dans du plasticard et de profilés ou jets
de plastique Slater's .
A l'époque , les productions Evergreen ou  Plastruct  plus variées et bien plus fines ,
je veux dire bien plus précises, sont introuvables.



La halle de coulée.

L'usine de Musson était encore  relativement bien conservée quand je l'ai visitée pour la
première fois. De la halle de coulée , cependant, ne subsistaient que quelques pans de murs
soutenant les vestiges de la toiture en grande partie effondrée.
J'ai donc tenté d'évoquer les lignes générales de l'édifice en construisant une maquette
à partir de plaques de maçonnerie Kibri  à l'échelle "N" renforcées par des colombages d'acier,
à savoir de fins rubans autocollants proposés par la firme Letraset sous le nom de Letraline.










Ces rubans existaient en différents largeurs (0,4 mm , 1 mm,...) et couleurs (brun , noir , jaune...)
Je les utilisais aussi , apposés sur du plastique transparent, pour figurer les châssis de fenêtres
métalliques typiques des constructions industrielles.
Pour la toiture , ne sachant de quoi elle était constituée , j'ai opté pour  la tôle ondulée de la
gamme Kibri.






Usine de Musson. Halle de coulée et H.F.
© Photo Jacques Leplat /Bahn und Modell.







Musson. MMMH. 1980. Cowpers. © Photo Jacques Quoitin.
Les Cowpers.



















Les Cowpers ou "appareils à air chaud" sont ces grandes tours surmontées d'une demi-
sphère dressées aux côtés des hauts-fourneaux.
Leur fonction consiste à préchauffer l'air (appelé aussi "vent") qui sera injecté à la base
du H.F.
Un Haut-Fourneau dispose généralement de deux à quatre Cowpers, l'un étant en activité,
le second en chauffe , le troisième à l'entretien (briquetage) , etc...
A Musson , on comptait quatre Cowpers par H.F.
Pour des raisons de place, je devrai me limiter à trois.






La marque Kibri mettait en vente un kit
permettant de construire un dépôt de
carburant.
Les réservoirs étaient revêtus de tôles
assemblées .Ils étaient de plus pourvus
d'une échelle métallique s'élevant en spirale
le long des parois , ce qui était aussi
typique des Cowpers.
Il  me suffit donc d'empiler plusieurs éléments
de cuve pour obtenir le résultat escompté.
Leur embonpoint était  un peu trop important
par rapport au Cowper réel , chose que
j'ignorais  à l'époque, mais cela n'était pas
vraiment visible.
Le challenge fut plutôt de dénicher les demi-
sphères qui devaient couronner le tout et conférer
à mes Cowpers leur aspect si caractéristique.





On était en pleine période de Noël....
J'avais remarqué, dans une grande surface, au milieu des accessoires de décoration
pour  sapins, des boules faites d'une matière plastique recouverte de fin fil coloré.
Euréka ! (ou Alléluia ?) Leur diamètre, après mesure, correspondait  à ce que je
recherchais.
C'était ce qu'il me fallait...
Par contre , ce qu'il ne fallait pas faire , c'était  en parler à des membres du RMM.....





© André-Marie Ducarme/ Ferro-Flash Namur.



La tour de refroidissement (ou réfrigérant).




Usine de Musson. 1982. Réfrigérants.
© Photo Jacques Quoitin.



L'usine de Musson  possédait deux réfrigérants, de types différents.
Ces tours étaient constituées d'éléments en béton qui s'ajustaient à la manière d'un jeu de
construction.
Dans un premier temps , je n'en construisis qu'une , dont le modèle se trouve à gauche
sur la photo ci-dessus.
Une boîte de bonbons au sureau de la marque Trefin (pub ??) servit de base à  la tour
proprement dite.
Aidé d'un cutter , je gravai sur la boîte de fines rainures parallèles horizontales destinées à
évoquer l'empilage des blocs de béton qui constituent la tour. Je collai ensuite des renforts
verticaux faits de bandelettes de plasticard.
La structure qui entoure le pied de la tour : un assemblage de plaques de plasticard gravées
de manière à imiter les planches dont elle est composée.
Quelques tuyauteries, une peinture évoquant le béton sous  une lumière chaude et la tour,
pardon ! le tour était joué.
Quelques années plus tard , je remanierai complètement ce réfrigérant et je lui adjoindrai
un compagnon.




Usine de Musson. © Photo Jacques Leplat/ Miba.




La centrale d'épuration des gaz de H.F.


Contrairement aux autres lieux de l'usine , j'avais réussi à prendre une image tout à fait
exploitable de cette installation.


Musson. Installation de lavage des gaz. 1980.
© Photo Jacques Quoitin.


La grande halle était un édifice à charpente métallique avec remplissage de briques qu'il a été
facile de reproduire à partir de plaques de maçonnerie Kibri et de lamelles de plasticard.
Mais l'enchevêtrement de conduites , de tours , de passerelles , d'échelles à crinoline et
autres qui formaient un ensemble qu'on peut vraiment qualifier d'usine à gaz , à gauche sur la
photo , je ne me sentais vraiment pas capable de m'y attaquer.
Cela viendrait  plus tard.




© Photo Jacques Leplat/Loco-Revue.






Les deux grandes cheminées de l'usine proviennent
de la gamme H0 de Vollmer.
Entre autres modifications , je leur ai ajouté des
cerclages métalliques , des chapiteaux plus élaborés ,
des para-tonnerres, et une nouvelle base en maçonnerie
de briques pour l'une d'entre elles.
















Les cases à mines.



On parle ici d'un édifice , appelé aussi accumulateur à mines, destiné à la réception et
au  stockage du minerai de fer .
Il s'agissait d'un complexe de taille relativement importante composé d'un immense
bac en béton armé divisé en cases par des parois et surmonté d'une ossature métallique
supportant la toiture.
Le minerai était réparti dans les cases en fonction de sa provenance.                                            
Des panneaux boisés à claire-voie protégeaient le contenu des intempéries.





Musson. MMMH. 1980. Cases à mines. © Photo Jacques Quoitin.



Sur le plancher , deux voies ferrées parallèles bordées de hauts quais.
C'était là que les hommes responsables du déchargement faisaient descendre
( à la fourche , s'il vous plaît !)  les matières premières des tombereaux pour les précipiter
au fond des fosses.
Les cases à mines étaient desservies par une voie ferrée s'élevant au niveau du plancher
par une  longue rampe se terminant en tiroir avec rebroussement.






Musson. MMMH. 1980.
© Photo Jacques Quoitin.






Devant l'entrée , endormie pour toujours , une
pittoresque locomotive électrique qui avait égaré
son pantographe.
C'était une loco du genre "boîte à sel" destinée
à effectuer les mouvements sur le réseau ferré
intérieur de l'usine.
Sur la photo ci-contre , au-dessus de la loco ,
des superstructures métalliques : le terminus
du téléphérique convoyant la minette depuis
le gisement de fer situé plus haut dans la colline.












Musson. MMMH. 1980.
Terminus du transporteur aérien.
© Photo Jacques Quoitin.
























Musson. MMMH. 1980. © Photo Jacques Quoitin.



Sur ma presqu'île , la place faisait cruellement défaut !
Pour représenter (je n'emploie pas ici le terme "reproduire" , je reproduirai plus tard...)
les cases à mines , je devrai me résoudre à faire l'impasse sur une des deux voies....
Cette fois , c'est la firme Arnold Rapido qui va venir à mon aide. Elle commercialise en
effet une installation de stockage et de distribution de charbon pour dépôt de locomotives.





Musson. Cases à mines , halle au coke et convoyeur aérien.
© Photo Jacques Leplat / Loco-Revue.


J' avais encore en mémoire l'aspect général des installations et surtout leur caractère
particulièrement imposant.
Je fis donc l'acquisition de deux boîtes de constructions Arnold et décidai de les
combiner de façon à obtenir quelque chose de cohérent à défaut d' être ressemblant




La Halle au coke.


Musson. MMMH. 1980.
© Photo Jacques Quoitin.




A gauche , sur la photo , une muraille de béton armé :
il s'agit du silo de l'accumulateur à mines.
Un pont roulant s'y adosse , à l'abri sous une charpente
métallique. Dans la réalité , cette halle a la même longueur que l'accumulateur.
Il me faudra, hélas , la raccourcir par manque d'espace.




















Dans les années 80 , internet n'existait pas ( aujourd'hui encore , les informations couvrant
le sujet sont rares ). Je cherchais désespérément à étoffer une documentation famélique.
Une idée parmi d'autres : explorer les commerces de cartes postales anciennes ! Pas de
chance : on trouvait  facilement des images de l'usine d'Halanzy , mais pas de celle de
Musson !




La centrale.



C'est un des cœurs vitaux de l'usine. C'est à l'abri de cette construction que l'on pouvait trouver
les "soufflantes" , ces puissantes machines destinées à pulser le vent chaud  destiné aux hauts
fourneaux.
Aux origines , elles étaient mues par une machine à vapeur. Plus tard , on fera appel aux
moteurs à gaz de H.F.
La  centrale produit aussi l'électricité indispensable au bon fonctionnement de l'entreprise :
éclairage , traction , etc...









La centrale est un bâtiment ancien , datant des débuts de l'usine. On peut le voir au centre de
cette carte postale.
Curieusement , il sortira indemne de la destruction de l'usine par les troupes allemandes
en 1917.



Musson. MMMH. 1980. Centrale. © Photo Jacques Quoitin.







       














En quelque sorte , la Centrale de l'usine de
Musson faisait partie de ces édifices que l'on
pouvait, à la fin du 19ème siècle, retrouver
au sein de nombreux complexes  industriels :
minoteries , brasseries , tours Malakoff des
charbonnages , etc....
La seule maquette dont je pouvais me servir
pour l'évoquer était la fameuse brasserie
Heljan , toujours au catalogue aujourd'hui .
Quelle longévité !!!
Je prélevai les éléments qui m'intéressaient
dans la partie du bâtiment située à gauche sur l'image.




Le concasseur.




Dans une usine sidérurgique , le concasseur permet la transformation du laitier de haut
fourneau en toute une gamme de produits dérivés : poussier , ballast pour les chemins de
fer , agglomérés , revêtements des routes, etc....




MMMH. Concasseur. © Photo Jacques Leplat / Loco-Revue.



Disposant à l'époque d'une photo aérienne assez précise de l'usine , photo que j'ai
malencontreusement égarée , je connaissais l'emplacement de ce concasseur.
Quant à son aspect , aucun souvenir....
J'ai donc laissé courir mon imagination autour d'un kit de la firme Kibri....




Entr'acte.



Voilà ! On a fait l'inventaire des départements les plus significatifs de l'Usine.
A côté d'eux, quelques ateliers , la forge ,  les bureaux , l'infirmerie et autres....

Les copains et autres visiteurs trouvaient tout cela très chouette ; quant à moi , j'éprouvais
une difficulté certaine à m' estimer pleinement satisfait de mon "travail".
Je savais pertinemment que ce n'était qu'une évocation de la réalité ; je lui avais cependant
donné un aspect soigné et une cohérence qui faisaient qu'on finissait par y croire.
Mais n'était-ce pas là le but du jeu ?

A cette époque, par l'entremise de Jacques Leplat , je fis la connaissance d'un duo de
modélistes expérimentés et surtout  talentueux : Philippe Moniotte et Dominique Petit .
Les deux amis cultivaient un intérêt commun pour le vieux chemin de fer , la reproduction
d'éléments de sites réels , la signalisation mécanique , etc...
Philippe confectionnait ses propres feuilles de briques , Dominique s'était spécialisé dans
la reproduction de la signalisation ancienne belge.
Ils me livrèrent leurs "secrets" , m'initièrent à l'utilisation du MEK , au travail du plasticard
et à sa mise en œuvre dans la réalisation de bâtiments.
Bien qu'ils fut H0iste , Dominique prit le temps de réaliser, pour mon usage et à l'échelle "N" ,
une petite série de signaux mécaniques par photogravure sur bronze phosphoreux .
Il m'enseigna aussi la technique du soudage et me permit ainsi de disposer sur ma maquette
d'une splendide signalisation .

Un soir de 1987, Jacques Leplat installa son matériel de prise de vue dans mon grenier et prit
une série d'images en vue d' illustrer un  article à paraître dans Loco-Revue.
Cerise sur le gâteau , on eut même droit à  la couverture !( la BB63000 qui se dirige vers               Lamorteau    n'était  pas un choix innocent : Loco-Revue , c'est en France...).




© Photo Jacques Leplat/ Loco-Revue.


Trêve de fausse modestie ! Il va sans dire que la parution de cet article consacré à mon
réseau miniature me procura un grand plaisir.
Jacques avait déployé tout son savoir-faire de photographe pour mettre judicieusement
en scène le matériel roulant au milieu de son décor tout en soignant particulièrement les
cadrages.
Au cours des séances de prises de vues , il me fit aussi part de quelques remarques dont
je tiendrai compte lors de la " réécriture" partielle de mon ouvrage.
La première de ces remarques avait pour objet le fait que j'avais posé les voies de
réception de l'usine au même niveau que les voies principales .
La seconde remarque concernait l' aspect de certains éléments de décor.
Dans la réalité , l'Usine de Musson s'étire en rase-campagne le long d'une colline.
Pour exploiter au mieux  l'espace limité que je pouvais lui consacrer , j'avais imaginé
de l'ériger entre deux tunnels dont les portails avaient été choisis au sein de la gamme
Wiland  (il n'existait rien d'autre à l'époque ).
Ce fabricant belge produisait des éléments de décor en pierre synthétique : murs de
soutènement et entrées de tunnels.
Jacques trouvait ces accessoires fort peu esthétiques et même assez grossiers , ce que
je ne pus qu'admettre...
Je les remplacerai plus tard par les très beaux moulages en plâtre de Lionel Mercier
tirés des maîtres-modèles qu'il avait destinés au réseau "Vonèche".

Au sein du RMM , nous n'étions que deux , Jean-Marie Burton et moi , à pratiquer le "N"
à la maison.
Au club , nous collaborions à la construction du grand réseau  "Mosan"à l'échelle H0.
Suite à la parution du Loco-Revue 499 , deux nouveaux compères vinrent nous rejoindre :
Lionel Mercier et Daniel Braibant .
A quatre , tout devenait possible . Le réseau "Vonèche" allait bientôt voir le jour...
Autre rencontre prometteuse : Henri Janssen  et ses amis du Mobov , à Antwerpen.
Nous allions entamer avec eux une collaboration qui durerait des années .
Ce n'est pas tout.
Quelques jours après la sortie du mensuel , un appel téléphonique : "Bonjour , en
ouvrant "Loco-Revue" , j'ai cru revoir ce qui se trouvait derrière chez moi il y a quelques
années !"
Mon correspondant était Georges Mathu , de Musson!!
Modéliste de talent il allait, quelques années plus tard, faire réaliser en Angleterre les kits
d'une petite série de locos série 20 SNCB.
Montées et décorées par ses soins , ce sont de superbes machines.
Son message me rassura quelque peu :  mon usine miniature rappelant quelques souvenirs
aux habitants du cru  ressemblait apparemment à l'original !
De plus , Georges Mathu m' indiqua les coordonnées d'un autre habitant de Musson susceptible
de m'aider à enrichir ma documentation.
Ce monsieur s'appelle Marcel Eppe.
Sidérurgiste au départ , photographe industriel pour l'Arbed  ensuite,  il est une des chevilles ouvrières du photoclub de Musson .
Par téléphone , je lui fis part de mes besoins . Il fut tout de suite d'accord de me donner de
l'aide et  proposa de me faire parvenir quelques images de l'Usine de Musson.
Quelques jours plus tard , je découvrais dans ma boîte aux lettres une grosse enveloppe :
septante photos moyen-format  ( 17 cm sur 12 cm ) détaillaient l'usine sous tous ses aspects !
Quelle heureuse surprise !








Terminées , les excuses : "je ne savais pas , je manquais de documentation "....
En 1989, pour couronner le tout , Marie (ma tendre épouse) revint de la "Foire du Livre
de Bruxelles" en brandissant une épaisse plaquette consacrée à l'évolution du village de
Musson au cours des ans !








Un important chapitre concernait l'Usine depuis son établissement à la fin du 19ème siècle ,
évoquant sa démolition par les allemands en 1917 et , surtout, décrivant  les étapes de sa reconstruction en 1921.
Le tout , bien sûr, illustré de photos d'époque.
J'étais maintenant bien armé pour entamer , moi aussi , la refonte d'une partie de ma
maquette......




MZZ....



La firme suisse MZZ s'était spécialisée, entre autres, dans la réalisation de fonds de décors pour
réseaux miniatures , dont l'inspiration était principalement germanique .
Pas toujours germanique , cependant........










Dj'a câsi tot r'fé.*
                                                      (J'ai à peu près tout reconstruit...)
                                                      (Ik heb bijna alles hergebouwd....)




Paradoxalement , le premier remaniement  va avoir pour objet un élément qui ne figurait pas 
sur la  version primitive : une gare....







La gare de Musson.




Musson. La gare. 1987. © Photo Jacques Quoitin.




C'est en 1932 que fut édifié le joli bâtiment que l'on peut voir ci-dessus accompagné de son
édicule d'aisances ( les toilettes , pour faire plus simple...).
C'est une construction soignée , mariant la brique et la pierre et dont , à ma connaissance du
moins , il n'existe pas d'autre exemplaire.










Le plan IC-IR de 1985 lui portera un coup fatal.
Laissée à l'abandon depuis , la gare de Musson se détériorera progressivement jusqu'à ce que ,
de manière inespérée , elle soit acquise par un particulier désireux d'en faire son habitation !
Un cheminot , et , qui plus est ,  amateur de trains miniatures....
Le modèle étant toujours sur pied , j'ai eu l'opportunité , non seulement de le fixer sur la pellicule, mais aussi de noter ses mensurations .










J'ai d'abord procédé aux mesures de ce qui m'était accessible : portes , fenêtres , éléments de
façade..
Apprécier la hauteur de pointes des pignons ,voilà une autre affaire! C'est cependant une étape             indispensable à la détermination du pourcentage de pente de la toiture. Toute erreur dans ce
domaine est susceptible de gâcher l'aspect du bâtiment.
Je me suis tiré d'affaire en comptant les lits de briques des pignons.
J'ai ensuite tout reporté sur du papier millimétré
Résultat : un plan un tantinet foutoir , mais suffisant.
Au moment de passer à la construction de la maquette , j'ai pris la précaution d'ajouter 2mm
de "fondations" aux façades afin de pouvoir  encastrer la gare dans le sol et éviter ce que l'on
rencontre hélas trop souvent : un édifice qui donne l'impression d'être simplement posé sur le sol.




Gare de Musson. Côté quai.





Gare de Musson. Côté cour.





Gare de Musson. Côté quai.




Gare de Musson. Côté cour.




La construction de la maquette met en œuvre des plaques de maçonnerie et d'ardoises de la
firme Kibri destinées à l'échelle N.
Les briques sont un peu (?) trop grandes mais une peinture évoquant les différentes couleurs
de ces dernières , une patine judicieuse et la décoration des joints peuvent améliorer cet état
de fait.
L'assemblage est un véritable travail de marquetterie : les panneaux de briques sont collés
sur une fine feuille de plastique qui aura la surface de la façade et dans laquelle on aura au
préalable évidé les ouvertures des portes et fenêtres.
Les parements de pierre , de même épaisseur , viennent s'intercaler entre les panneaux.
Les linteaux et les pièces décoratives qui les surmontent sont mis en place et ce n'est qu'ensuite
que les remplissages de briques viennent s'encastrer dans l'espace laissé libre après ajustement
parfait.
Des feuilles de plastique transparent sont ensuite collées à l'arrière des ouvertures et les portes ,
ainsi que les châssis de fenêtres sont montés pièce par pièce par collage et empilage de languettes
de plastique sur ce support translucide.

L'abri de béton situé sur le quai opposé avait déjà été victime des démolisseurs ; celui du point
d'arrêt de Merny , près de Paliseul , était encore debout .
Il  m'a donc servi de modèle.





Merny (Paliseul). Abri de béton. Le quai a déjà été enlevé.




Gare de Musson. Abri de quai.






La "Centrale".


Chantier suivant : remplacer la "brasserie" Heljan

par un nouvel édifice réalisé en s'inspirant des
chouettes photos de monsieur Eppe.
La "Centrale" est un ensemble de constructions
en pierres de teintes jaunes, oranges, brunes , etc..
dont la plus typique présente la forme d'un cube
étiré en hauteur.
Cette dernière est surmontée d'un réservoir d'eau
aux parois métalliques reposant sur un soubas-
sement en briques renforcé , au sommet de
chacune des façades , par un cordon de petites
voûtes faites du même matériau.
C'est au cœur de ce bâtiment qu' est généré le
"vent" destiné aux hauts-fourneaux , ainsi que
l'air comprimé et d'autres productions indispen-
sables.
L'électricité , elle , est produite dans le local
adjacent , surmonté d'un toit à deux versants.
J'ignore si les générateurs utilisés sont des moteurs
à gaz de H.F.






















Encore une fois , je fis mes provisions de matériaux en piochant sans réserve dans le
catalogue de  la firme Kibri qui mettait à ma disposition les feuilles de pierres , de tôle
ondulée et d 'ardoises de style 'Eternit' parfaitement adaptées à mes besoins.

Bien qu'elle ne fut pas ma première tentative de construction intégrale , la "Centrale" de
Musson  me donna pas mal de fil à retordre , principalement en ce qui concerne les portes et
baies vitrées qu'il s'agissait d'évoquer sans altérer ni leur finesse ni leur transparence.
A la fin du 19ème siècle , il n'existait qu'un moyen de faire entrer la lumière dans les halls
industriels : réaliser de vastes baies constituées d'un assemblages de petits carreaux sertis
dans un réseau de croisillons de métal.
Les panneaux et encadrements de portes et fenêtres furent élaborés à partir de carte plastique
et  de fins profilés "Plastruct" ou "Evergreen".
Quant aux croisillons , je les ai simplement figurés par gravure du plastique transparent à la
pointe à tracer. Le rendu visuel est parfaitement convaincant. Seul défaut de la méthode : le
passage de la pointe à tracer repousse la matière sans l'enlever , ce qui peut nuire à la planéité
de la fenêtre.
Bien des années plus tard , j'ai découvert un petit outil de la marque "Trumpeter" qui , lui, a
la particularité de permettre le traçage de fines saignées dans le plastique en enlevant à
chaque passage de longs copeaux de matière (des "crolles", en "Belge"...)










L'utilisation du "Trumpeter" ne provoque pas de déformation de la feuille de plastique comme
on peut le constater sur l'image ci-dessus : la moitié gauche du disque , gravée au moyen du "Trumpeter" ,  est  demeurée plane ;  la moitié droite , gravée à la pointe à tracer , a  subi une courbure très visible de sa surface. Cerise sur le gâteau , le trait est bien plus net une fois tracé
avec ce nouvel outil.




Les tours de refroidissement (ou réfrigérants).


Les voici enfin au nombre de deux , et , contrairement à  la situation ancienne , dressées à
l'endroit ad hoc sur une terrasse soutenue par une grand mur de pierres ; elles sont reliées
à la "Centrale"  par une conduite de fort diamètre posée sur des berceaux de béton.
La première tour a été revue en profondeur , avec notamment un soubassement plus détaillé .
La seconde , de forme conique résulte de l'habillage d'un pot de yaourt au moyen de plaques
évoquant des empilages d'éléments en béton. La "jupe" qui habille les fondations de cette tour
est couverte de lamelles horizontales sur lesquelles, dans la réalité , s'écoule en cascade le
flux d'eau à refroidir .        










La centrale d'épuration des gaz de H.F.





Un peu enhardi , j'ai commencé à penser que,  tous comptes faits , le modélisme , ce n'était pas
si compliqué : il suffisait en premier lieu d' observer la réalité , en second lieu de la reproduire
en plus petit....
C'est ainsi que j'ai fini par oser m'attaquer à l'"usine à gaz" à l'aide de dessins , de gabarits et de
beaucoup de patience.







Tout est en plastique , y
comprises les rambardes.
Seuls éléments métalliques ,
les échelles à crinoline de la
marque "Ndétails" que j'ai
ajoutées par après à la
maquette une fois qu'elles
furent devenues disponibles.
Cette firme commercialise
aussi de très belles rambardes
en maillechort dont je ne me
serais pas privé si elles avaient
été sur le marché à l'époque.
Pour impressionnante qu'elle
est , cette installation n'est
qu'une portion d'un complexe
plus important que j'espère
terminer un jour...




















Les cases à mines (ou accumulateurs).







Un gros morceau... Un sacré gros morceau même : 75 centimètres de longueur totale sur
10 de largeur....
Cela donne à réfléchir..
Mais voir figurer cet ensemble sur mon réseau me tient tellement à cœur que je vais me
résoudre à apporter au plan de voies de l'Usine de profondes modifications.
Celles-ci m'offriront en même temps l'opportunité de remplacer la voie Fleischmann Piccolo
que j'avais initialement mise en place par de la Peco en code 55.
Ma première ébauche des accumulateurs ne comportait qu'une voie et apparaissait comme un
bâtiment plutôt étriqué.
Celui-ci , même s'il ne constitue pas une reproduction fidèle à l'échelle  (j'ignore les dimensions           des accumulateurs réels , par exemple...) me semble être une évocation tout à fait honorable
de la réalité : un grand vaisseau de béton armé abritée sous une vaste toiture.










Il supporte deux voies parallèles destinées à la réception et à la vidange de courtes rames de
tombereaux.
La première voie se prolonge hors de l'édifice, sur un pont de béton , pour gagner une seconde
construction de dimensions nettement plus réduites et dont j'ignore la destination : stockage de
chaux , de dolomie ????
J'ai décidé d'opter pour la chaux , ce qui m'autorise à faire appel aux pittoresques petits wagons
à couvercles  de Minitrix et Fleischmann , après  belgicisation bien entendu.









L'accès aux accumulateurs se fait au départ d'une plateforme de béton . Une des deux voies passe
sous le terminus du transporteur aérien convoyant la minette depuis son site d'extraction .








A propos de transporteur aérien , je me suis enfin décidé à construire les deux pylônes qui , sur
ma maquette , sont sensés  soutenir  les câbles du téléphérique. Les voici avant peinture.




































La construction de ce complexe m'a ouvert la voie à d'infinies  possibilités de manœuvres.
La majeure partie de celles-ci sont effectuées au crochet de l'ancien (et unique) V36 ayant
servi à la SNCB .
Tout le monde sait qu'après une courte carrière au sein de notre compagnie nationale , le
231001 fut vendu aux usines Hadir de Differdange , au Grand-Duché.
En contrepartie , beaucoup ignorent qu'il fut ensuite racheté par la MMMH pour effectuer
les mouvements internes dans l'usine.
(Vous me croyez , bien sûr...)

Les curieux récipients qu'on peut remarquer dans le coin inférieur droit de la photo sont des
bennes Staehler que l'on charge de minerai ou de coke avant de les monter par un système de
treuil au gueulard du haut-fourneau.









La halle de coulée et son pont roulant.











C' est à l'abri de ce bâtiment que se termine le processus de réduction du minerai de fer.                       La fonte est coulée dans  des rigoles parallèles creusées dans un plancher de sable et , après
refroidissement , revêt  la forme de barres aux formes plus ou moins régulières : les gueuses.
Ces dernières sont alors empilées à l'air libre sur une aire de stockage en attendant leur
chargement sur des camions ou dans des wagons tombereaux.
C'est le rôle du pont roulant.
Son chemin de roulement , soutenu par des piliers faits de treillis métallique , s'étire depuis                 l'extrémité de l'aire de stockage jusqu'au fond de la halle. On peut même considérer qu'il                     constitue  l'armature  de cette dernière , faite d'une structure d'acier avec remplissage par
des panneaux de briques.










Pour construire ce pont roulant à l'échelle 'N' , j'aurais pu faire appel à la technique de la
photo-découpe ; je ne la maîtrise cependant aucunement.
J'ai ,  par contre , avec le temps , acquis une certaine pratique dans la construction intégrale
de structures industrielles métalliques à partir de profilés de matière plastique.
La finesse de ceux que l'on trouve dans les gammes Plastruct ou Evergreen permet de réaliser 
par collage des ensembles que l'on pourrait confondre avec ceux que l'on obtient habituellement
par la photo-découpe.
Avantage supplémentaire : un meilleur rendu du relief , les pièces constitutives étant rapportées
les unes sur les autres , comme dans la réalité.
Construites suivant les mêmes techniques de montage que leurs modèles , ces structures
présentent en outre une étonnante rigidité.
C'est bien évidemment le (ou la ) MEK (méthyl-éthyl-Keton ) appliqué(e) au pinceau fin que
j'utilise comme "soudure" : absence de résidus de colle et action instantanée.






Dessins préparatoires à la construction du pont roulant.



Eléments du pont roulant. Les rambardes métalliques proviennent de la firme Ndétails.














Pour approcher au plus près la réalité, j'aurais dû confectionner des panneaux de briques ajourés
en lieu et place des éléments pleins dont je me suis contenté , mais j'ai reculé devant les difficultés
à surmonter.
Aujourd'hui , peut-être , en impression  3D ??















Passons aux gueuses ! (Pas les gueuzes , bien sûr : je devais la placer , celle-là....)
Pour alimenter de manière réaliste le parc de stockage de l'usine , il me fallait en
confectionner des centaines.
Je suis parti d'une plaque Kibri de couleur grise et d'un bon millimètre d'épaisseur
présentant une surface légèrement grenue (référence 4128 ).
Je l'ai découpée en languettes d'approximativement 2 millimètres de largeur au moyen
de mon outil  "Trumpeter" , bien pratique pour s'attaquer aux plastiques épais.
Afin de leur donner une section grossièrement trapézoïdale , j'ai orienté mon outil de
coupe une fois vers l'avant , une fois vers moi , et ce pour chaque languette.










Après un ponçage sommaire destiné à faire disparaître les éventuelles bavures , j'ai tronçonné
ces languettes en segments de 9 millimètres de longueur en m'aidant d'un "Chopper" ( vous
savez : cet outil-qui-coupe-si-bien... Gare aux petits doigts mal placés...!).









Il ne restait plus , enfin , qu'à constituer par collage les piles de gueuses et les chargements de
wagons avant de passer à la peinture : teinte grisâtre de la fonte agrémentée de nuances "rouge-
orange-jaune" pour évoquer les atteintes de l'oxydation.









La fonderie.







Dans l'alignement de la halle de coulée , voici la fonderie.
J'ignore sa fonction réelle et je n'ai pu reconstituer son apparence que par recoupement de
plusieurs photos .
C'est un édifice constitué d'une armature de béton armé avec remplissage de blocs , le tout
reposant sur des fondations de pierres.
Il est établi sur plusieurs niveaux , en épousant la pente du terrain.
Aucune reproduction de maçonnerie en blocs de béton n'étant disponible , je me suis rabattu
sur ce que j'ai pu trouver : des plaques de briques à l'échelle H0  de la firme Vollmer.
Si ces briques , par leurs dimensions ,  me paraissaient évoquer des blocs de béton
pour l'échelle N , leur surface très grenue et la profondeur des joints me laissaient
perplexe.
La solution ; un vigoureux ponçage destiné à donner aux "blocs" une surface plus lisse
tout en rendant les joints moins profonds. Si je me souviens bien , j'ai entamé l'opération
à la ponceuse vibrante ....









Un passage à niveau.



Il est un fait que , durant 20 années au moins , l'accès à la MMMH s'est fait , sur mon
réseau du moins, en franchissant un passage à niveau non gardé...
Quelle inconscience !!!
Voici 5 ou 6 ans , j'ai décidé de remédier à cette situation et de procéder à l'installation
des barrières réglementaires.
Quel modèle choisir ?
A l'époque III , dans cette région reculée qu'est la Gaume , la sécurité des P.N. est encore
confiée à  des barrières roulantes , opérationnelles depuis des décennies...






Ancienne gare de Musson  et passage à niveau à barrières roulantes.
Cette photo fut prise au cours du premier conflit mondial , durant l'occupation allemande.





L'époque IV verra l'installation des passages à niveau de seconde catégorie équipés de
demi-barrières d'un aspect tout à fait moderne.
Je m'étais appuyé sur le peu de changements dans l'environnement ferroviaire gaumais
pour décider d'exploiter mon réseau ferroviaire tantôt avec du matériel roulant typique
de l'époque III , tantôt avec des convois représentatifs de l'époque IV.
Il me fallait donc porter mon choix sur un modèle de passage à niveau susceptible de
convenir aux deux époques , même s'il n'était pas fidèle au prototype....










Et c'est ainsi que j'ai décidé de m'équiper de passages à niveau à barrières basculantes.
Un moment , j'ai envisagé de faire l'acquisition du modèle proposé à l'échelle "N" par
la firme Viessmann .
Considérant les modifications qu'il eut fallu lui appliquer pour le "belgiciser" , j'ai
finalement opté pour une construction intégrale en laiton soudé .
Ne disposant pas de plans  précis , j' ai souhaité m'inspirer de photos d'installations réelles
publiées dans les livres et revues ferroviaires. Les passages à niveau étant rarement
photographiés dans leur intégralité , il m'a fallu reconstituer leur aspect général à partir
de  l'examen de multiples images.
J'ai fini par en construire deux , de modèles légèrement différents. Le second exemplaire                     protège la traversée des voies dans ma gare de Lamorteau.
Pour le moment , ils sont statiques , mais conçus pour recevoir une motorisation..










Les clôtures qui les complètent sont ici du type VdV (Van de Velde) de la SNCB.
Elles sont issues d'un "kit" concocté voici pas mal d'années , à l'époque où nous
avions , avec les amis du RMM , entamé la construction du réseau "Vonèche".
C'est Jean-Marie Burton (Jean-Marie sur le forum du N) qui s'était chargé des
dessins , de la confection des "transparents" et des pourparlers  avec la firme
française "Assié" à   laquelle fut confié le travail de photo-découpe.
Ce "kit" comporte aussi les éléments pour construire des clôtures "Roulers" ,
des rambardes , isolateurs , etc...
L'épaisseur de la plaque , 4 dixièmes de millimètre , a été déterminée par une
recherche de la rigidité aux dépens , peut-être , de la finesse.
Toujours est-il que ces clôtures , garnies de montants ajoutés par soudage , peuvent                         affronter de nombreuses épreuves...










Modification du tracé des voies...


Lors de sa visite , Jacques Leplat avait attiré mon attention sur le fait que j'aurais dû placer
les voies de débord de l'usine à un niveau légèrement inférieur à celui des voies principales
de manière à les séparer visuellement  et à éviter l'aspect "train miniature cloué sur une
planche" que l'on rencontre , hélas , trop souvent....
J'ai donc pris mon courage (et ma scie sauteuse ) à deux mains pour effectuer ce travail.
J'en ai profité pour me séparer des rails et appareils de voies Fleischmann qui défiguraient
encore  cet endroit pour les remplacer par du Peco ;  j'ai aussi installé une bretelle entre
les voies de la L. 165 (comment avais-je pu oublier ce "détail" précédemment ?).








L'ouvrage a consisté en une séparation à la scie de la portion de contreplaqué supportant les trois
voies de garage ; ensuite , un abaissement progressif du terrain a permis de créer une différence
de niveau avec les voies principales. L'établissement d'un petit talus et d'un mur de pierres a                 couronné le travail.



Usine de Musson. Loc.ex-230001 à la manœuvre.



Le concasseur à laitier.

De ce concasseur , il existait une première version , hautement fantaisiste , que j'ai expédiée
aux oubliettes après réception des photos de Monsieur Marcel Eppe. Sur ces dernières ,
hélas , on ne pouvait apercevoir que le bunker de stockage du laitier après granulation et
calibrage, le reste de l'installation étant invisible.
De plus , cette image avait été prise après que l'installation ait subi une démolition
partielle : tout ce qui était métallique avait déjà été enlevé ; le bâtiment de stockage
se retrouvait complètement  déshabillé....
J'ai donc construit ce bunker d'après les documents dont je disposais.
Quelques années plus tard ,  Monsieur Eppe me fit parvenir une photo de l'installation de
concassage encore en pleine activité !!!

Et voilà ! C'est sur cette base que je peux me remettre au travail !...






Intermède : la Providence existe , je le sais !!!!

Les deux images dont je disposais ne permettaient cependant pas de se faire une idée
précise de la forme que revêtait la rampe d'alimentation du concasseur , constituée d'une
bande transporteuse et des structures qui la supportent.
J'avais donc jeté sur papier millimétré une interprétation de ce que j'imaginais être la
réalité et j'avais entamé les travaux de construction de ce dispositif en prenant ces
dessins pour base....
Ce dimanche 24 janvier 2016 , lors d' une promenade à Namur avec Marie , je suis
entré , sans but bien précis, dans la bouquinerie "Bibliopolis".
Quelle ne fut pas ma surprise (et ma joie!!!) de découvrir les deux tomes d'un ouvrage
consacré par Jean-Claude Delhez à la sidérurgie gaumaise.








Lorsque j'avais eu connaissance de l'existence de ces bouquins , voici des années , ils étaient
déjà épuisés.
Et que vis-je , page 302 ?
Une photo parfaitement exploitable du concasseur de l'usine de Musson et de son trieur prise               au cours des années 60....




Musson. Concasseur. © Photo P. Dumont.
La sidérurgie gaumaise. Tome 2.



Quand je vous dis que la Providence existe !!!!

Les travaux ont donc repris.
Première intervention : démanteler les structures supportant la bande transporteuse.
Seconde étape :  ré-équiper le bunker de ses attributs métalliques , à savoir  les goulettes
de vidange destinées au remplissage des wagonnets ainsi que les plate-formes munies
de rails sur lesquels ceux-ci sont déplacés.
Troisième opération : réaliser l'installation de tri qui couronnera le tout.




Le bunker de stockage du laitier concassé équipé de ses attributs métalliques.
A droite , ébauche du trieur.



La bande transporteuse , ses protections contre les intempéries et la structure de béton
et métal devant supporter l'ensemble.









Le trieur est (enfin) terminé . Il recevra un toit après la fin des travaux de peinture et de patine.




Usine de Musson . Trieur pour laitier . Vue côté colline.



Usine de Musson . Trieur pour laitier . Vue côté plaine.













Cette maquette n' arrête pas de me jouer de (vilaines ) surprises.
L' ajustement entre eux des différents sous-groupes de l'installation est sujet à  des  imperfections ,
soit à la suite d'imprécision de ma part au niveau des dimensions des pièces , soit à la suite de
déformations consécutives à l'action des colles utilisées.








Les diverses rambardes , plateformes et échelles en maillechort photo-découpé sont issues ,
ici encore , des productions de la firme allemande  Ndetails.
Les plaques de tôle ondulée , d'une grande finesse , sont constituées de métal véritable ;
je les ai fait venir des U.S.A. voici une trentaine d'années et je ne me souviens plus du
nom du fabricant.
Il ne faut pas oublier de faire figurer sur le chemin de roulement les petites plaques tournantes
destinées à orienter les wagonnets dans la direction désirée.








Enfin ! Me voici presque arrivé au but.
Il ne me reste plus qu'à confectionner quelques  wagonnets ; je n'ai pas encore pris de décision
à  ce sujet : soit une construction intégrale en plastique , soit le montage de kits en métal de la
firme Hammerschmidt.
Une séance photo avant de passer à la mise en place de l'installation sur le plateau de mon
réseau.


















La mise en place , maintenant.
C'est un challenge : coincé entre la colline et le tiroir de manœuvre, un espace de forme
triangulaire est tout ce dont je peux disposer et l' installation de concassage va presque
entièrement l'occuper .
Et l'accès ?
Dans la réalité , le laitier est chargé sur des camions qui peuvent accéder  au site en empruntant
un passage  à niveau suivi d'un chemin goudronné .
La solution : un tunnel sous le talus . J'ai gardé en réserve une des belles entrées de tunnel
réalisées et moulées en plâtre dentaire par Lionel Mercier. Elle fera parfaitement l'affaire !!!














à suivre.....





























7 commentaires:

  1. Bonsoir Jacques,
    Je découvre ce reportage avec délectation (c'est même peu dire)
    tu en as mis un coup, et pour la publication, et aussi pour la restructuration de ton réseau. Il faudra que nous allions admirer ça "en vrai" un de ces jours pour que l'émerveillement soit complet.

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  2. Je me sens tout petit devant un tel artiste
    JM

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  3. Bonjour Jacques,
    Magnifique travail que vous avez réalisé sur l'usine de Musson. Félicitations.
    Fabrice L.

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  4. Bonsoir,

    Même si en France, nous avons quelques réseaux en N prometteurs, la petite Belgique nous donne à nouveau une leçon de savoir-faire !
    Jacques en N n'a rien à envier à Jacques en HO.
    Merci à Pascal de m'avoir fait découvrir ce réseau !
    Dominique.

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  5. Bonne après-midi,
    J'admire ton réseau depuis Loco-Revue 1987. J'ai mis ton Blog parmis mes favoris pour suivre ton oeuvre. Ce n'est plus du modélisme, c'est de l'art.
    J'attends la suite avec impatience,
    Pol H.

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  6. Very nice! Read through old magazines and deceided to google your name. Good call! :) Cheers from Germany.

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  7. Superbe et minutieux travail.

    Pour info, entretemps se construit sur Musson un Musée Minier et Metallurgique géré par mon père et qui sera inauguré en 2018.

    Si l'envie vous vient d'exposer votre travail sur le site qui l'a inspiré
    (si du moins cette transplantation est possible) faites moi signe...

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